04-1988
/ Les Inrockuptibles (Fr) / Sweet Lord The Pastels - Sweet Lord Stephen
Pastel et ses crayons de couleurs sont les grands frères spirituals de
la plupart des jeunes groupes anglais qui comptent. Insensible à la drague
de la célébrité, vacciné contre les maux qui nous
guettent, c'est dans sa province de Glasgow qu'il préserve la magie de
sa gaucherie. Le plus attachant de tous. Nous venons d'Ecosse
Je n'ai
jamais réussi à expliquer de façon rationnelle pourquoi la
scène y est si vivante, c'est juste quelque chose qui s'est déclenché
à un moment précis
il suffit de deux ou trois groupes qui
vont ensuite influencer beaucoup d'autres musiciens, leur donner envie de démarrer.
Je crois que toute la nouvelle scène a débuté grâce
à un club, le Splash One, tenu par Bobby de Primal Scream et ses copains.
Soudain, les gens ont été exposés à une musique qu'ils
n'avaient pas l'occasion d'entendre auparavant et ont eu envie de commencer des
groupes. Je crois que les groupes écossais ont quelque chose de plus dur
que leurs homologues anglais
Regarde un groupe comme les Clouds ; même
s'ils ne sont pas très bons, ils sont tout de même meilleurs que
leurs équivalents anglais, justement de par leur dureté. Tu
parlais de quelques groupes grâce auxquels tout a commencé
Well
je dirais, en étant très présomptueux (rires)
nous
avons été les premiers à faire ce genre de musique. Ensuite,
il y a eu Jesus And mary Chain
Ils étaient très drôles
Cela faisait des années qu'ils faisaient de la musique, seuls dans leur
coin, à Glasgow. Bobby venait de commencer Primal Scream, nous nous amusions
sous le nom de Bubba & the Shop Assistants
Ces groupes ont tous eu une
influence certaine sur la scène actuelle
Quand j'ai commencé,
moi-même, je l'ai fait pour tuer l'ennui, les disques qui sortaient étaient
tellement ennuyeux. Mais je crois aussi que ça a beaucoup à voir
avec mon ego, j'ai toujours voulu être dans un groupe et ce, depuis le premier
album des Swell Maps
C'est un groupe qui m'a beaucoup influencé même
si les autres du groupe ne les aiment pas trop. C'est quelque chose d'important
au sein des Pastels de ne pas rechercher la similarité entre nous
le groupe est une sorte de collision laide de tout un tas de styles
Nous
avons une façon commune de voir les choses en ce qui concerne les choix
généraux. Nous nous rendons par exemple tous compte du fait que
les Pastels ne pourraient jamais exister sur une major. Mais sur des détails,
le consensus est moins évident, comme par exemple pour les pochettes. Vu
que ça fait 4 ans que nous jouons presque tous ensemble, c'est évident
que nous avons des choses en commun. Je suis content de jouer avec eux. J'aimerais
quand-même refaire un disque avec David des Shop Assistants
J'adore
répéter avec les Pastels, nous discutons beaucoup, nous nous voyons
avec Eugene et Aggi très souvent en dehors du groupe. En plus, nous avons
tous des activités à l'extérieur des Pastels, ce qui ne nous
oblige pas à essayer à tout prix de vivre de notre musique. Ce serait
bien de ne faire que ça, mais nous pourrions finir par nous ennuyer. Pourquoi
ne jamais avoir sorti de disques sur ton label 53rd and 3rd ? Parce que
mon label n'a jamais eu beaucoup d'argent, c'est juste pour moi un moyen de sortir
les deux premiers singles d'un groupe intéressant
En fait, j'ai commencé
ce label pour sortir le deuxième single des Shop Assistants. Je voulais
aider les nouveaux groupes, parce qu'il y a trop d'injustice dans le monde du
disque
j'ai beaucoup de temps libre de toute façon. Ce label me permet
aussi de sortir sous licence des groupes américains intéressants
(Beat Happening, Ben Vaughn, ndlr). Je trouve la scène indépendante
britannique un peu stérile actuellement
J'adore Beat Happening, ils
ont ce côté naturel qui manque tant aux groupes anglais. Ils ont
juste pris des instruments et ont joué, sans se poser de questions. Je
crois que la plupart des groupes britanniques ne se rendent pas compte de la stupidité
de leurs paroles. Regarde une émission comme Top Of The Pops. Cette musique
n'a rien à voir avec ma vie. Tout n'est qu'une question de production,
de refrain accrocheur qui revient dix fois
Je préfère m'occuper
de mon label ! Nous ne voulons surtout pas être les larbins de qui que ce
soit, je m'intéresse pas vraiment à ma carrière, je ne peux
pas approcher l'industrie du disque de façon conventionnelle. Tout cela
m'ennuie beaucoup en fait. Tu crois qu'on ne peut pas avoir un contrôle
artistique au sein d'une major, que personne ne peut réussir à imposer
ces choix ? Je crois que Jesus And Mary Chain ont réussi plus que
quiconque à imposer leurs choix à leur maison de disques. Regarde
par exemple les Shop Assistants ou Primal Scream. Ils voulaient juste sortir des
disques, mais vu qu'ils avaient signé sur des majors, on leur a demandé
de travailler avec des vrais producteurs, qui avaient des objectifs, qui voulaient
que ces groupes atteignent un certain niveau, si on peut appeler ça un
niveau
Je ne vois pas l'intérêt d'utiliser de gros budget pour
enregistrer. Pour ce que nous voulons faire, l'argent dont nous disposons est
bien suffisant. Nous aimons travailler avec notre producteur, Richard Mazda. Il
a compris ce que nous voulons et le fait bien. Votre son est d'ailleurs
facile à identifier, dès la première écoute
Je
crois que ça vient de l'originalité de ma façon de chanter
(rires)
et du jeu de guitare de Brian. Aggi aussi a une voix hors du commun,
qui contribue beaucoup à notre son, qui fait de nous un peu plus qu'un
simple groupe de rock. Nous avons tous des convictions assez fortes, dans des
directions très différentes. Mais ça peut finir par m'agacer,
et je les menace de quitter le studio s'ils ne font pas les choses comme je l'entends
(rires)
Votre musique mixe des tendances, plus que des groupes précis
Brian
et Martin sont des grands fans des fifties, ils aiment les vieux disques de rock'n'roll,
les trucs Sun Session
les Cramps sont les favoris de Martin. Je crois que
nous n'avons jamais voulu nous limiter à un style, imiter qui que ce soit.
On joue en essayant de ne pas réfléchir à ce que nous faisons,
en ne nous disant surtout pas " oh, celle-ci, essayons de la faire comme
une chanson du Velvet "
même s'il reste un de nos groupes préférés.
Ce qui ne veut pas du tout dire que nous nous intéressions à l'imagerie
sixties. Vous êtes l'exemple même du groupe qui a grandi en
public
Oui, nous avons sorti notre premier single après trois
semaines de répétitions
Même si je trouve que ces vieux
disques ne sont pas parfaits, je ne suis pas embarrassé par ces témoignages
de jeunesse. Ils étaient faits avec honnêteté, pas destinés
à rejoindre une catégorie. Quand nous avons commencé, c'était
en pleine période Bauhaus, Simple Minds, et nous voulions faire quelque
chose à l'opposé de tout ça. Nous voulions emmerder le monde,
en fait. Tout le monde parlait en terme de " valeur musicale ", de "
bons musiciens ", et tout ça n'est que de la merde, ça n'a
rien à voir avec la musique. Rien à voir avec le rock'n'roll, jamais.
A l'époque nous étions très remontés contre ça.
Nous ne cherchons pas, par principe, à plaire. Ce serait bien, si nous
le pouvions sans changer, mais nous ne pensons pas à ça quand nous
écrivons
" hum qu'est-ce que les petits en anorak vont penser
de celle-ci ? " (rires)
En grandissant en public, nous avons beaucoup
appris, comme par exemple ne jamais laisser les Soup Dragons faire notre première
partie (rires)
Nous avons aussi appris beaucoup sur le music business. C'est
très important pour une maison de disques que leurs groupes se prennent
très au sérieux. Ça n'a jamais été le cas chez
nous. Et même si le groupe se prend au sérieux, il doit prétendre
le contraire, car ces gens-là gagnent leur vie grâce aux groupes,
c'est leur pain et leur beurre que nous jouons
Si quelqu'un comme moi arrive
et dit qu'il trouve cette industrie stupide, ça les agace, ça déstabilise
un peu. Tu prenais plaisir, dans le passé, à insulter les
plus grands, Lloyd Cole, Simple Minds
(grimace) Non, nous adorons
tout le monde, nous sommes vraiment des gentils garçons, nous voulons être
amis avec tout le monde, les gens sont vraiment tous supers
Nous aimons
la musique de tout le monde (rires)
Lloyd Cole est un de mes favoris, un
grand talent (rires)
je regrette beaucoup d'avoir dit du mal de lui. Comment
vois-tu l'évolution du groupe dans le futur ? J'aimerais que nous
devenions plus rythmiques, même si je ne veux pas que nous devenions un
groupe de dance-floor. J'aimerais que nous jouions mieux ensemble. Notre nouvel
album sera très différent de Up For A Bit, même si nous ne
savons pas encore à quoi il ressemblera
Certains jours, je me réveille
et je me sens capable d'écrire suffisamment de paroles pour un album entier,
mais rien n'est encore fait pour le prochain
ce n'est d'ailleurs pas un
problème pour nous. D'habitude, nous travaillons très vite, quelques
jours avant d'entrer en studio. Si bien que la plupart du temps, quand nous enregistrons,
nous n'avons même pas eu le temps de répéter les morceaux
auparavant. Aucun de nous n'arrive à écrire de façon naturelle,
il faut que nous nous forcions, que nous nous disciplinions. Il nous faut vraiment
des échéances précises, sans quoi nous n'écririons
jamais. Mais cette fois-ci, nous tenterons de faire beaucoup de concerts avant
de prendre le chemin du studio, pour nous familiariser avec les morceaux. Des
fois, j'aimerais faire des choses totalement différentes, des trucs à
la Flying Lizards
et d'autres fois, je voudrais que nous soyons les grandes
gueules les plus bruyantes possible, tout faire exploser
quoi que nous fassions,
je voudrais que nous conservions notre sens mélodique. Je crois que notre
musique devient de plus en plus dure, âpre. Nous avons toujours voulu être
comme ça, dès le début, mais nous n'y arrivions pas. De façon
évidente, la réussite de Jesus & Mary Chain nous a marqués.
A l'époque de I'm Allright With You, nous avions déjà pris
cette direction
et un beau jour, les Jesus & Mary Chain sont arrivés
et ont pris la même voie, ce qui nous a vraiment surpris. Après cela,
nous ne savions plus quoi faire. Il ne fallait surtout pas continuer dans ce genre
de musique, aller voir ailleurs. J'ai toujours été fasciné
par la puissance se dégageant de la musique
pas uniquement par le
bruit. Regarde Jonathan Richman, juste une guitare sèche et c'est incroyablement
puissant. Nous avons toujours essayé d'avoir cette puissance, mais notre
inaptitude ne nous le permettrait pas. De toute façon, ça ne m'intéresse
pas d'êre dans un groupe rigide, strict de rock, comme Motorhead. Je suis
plus attiré par la puissance qui émane du bruit que par le bruit
lui-même. La force de Sonic Youth ne vient pas seulement du vacarme
mais ne crois pas que je sois obsédé par le pouvoir, nous sommes
tous équilibrés, nous voulons juste être les meilleurs (rires)
Dans
quelles conditions écris-tu ? Je pense à des phrases idiotes,
les transforme un peu, y mets un peu de passion. Je crois que la différence
entre mon écriture et celle de Sean des Soup Dragons, par exemple, est
que ces gens-là lancent beaucoup de phrases en l'air, en espérant
que quelqu'un y trouvera un sens
alors que moi, je leur donne un sens avant
de les présenter au public. J'essaye de donner une image positive de la
femme. Les filles, dans mes chansons, ne se font pas marcher sur les pieds, ne
se font pas manipuler
Sur les premiers singles, mon écriture était
très marquée par Jonathan Richman. Je n'ai commencé à
m'interroger sur mes paroles que récemment. Il n'y a que quelques textes
que j'ai écrits dont je sois content
des choses récentes.
Avant, je n'avais pas trop envie de communiquer. L'amour était un
thème obsessionnel sur les premiers singles
Oui (gêné)
des idioties d'adolescent
Oui l'amour est quelque chose de très important
pour moi
Mais je n'ai pas envie que les gens se sentent embarrassés
pour moi en écoutant mes paroles, en étant trop personnel. J'ai
trop fait ça dans le passé, stupidement. J'ai essayé de donner
une fausse image de moi-même
cette image vulnérable
peut-être
pensais-je faire pitié aux jeunes filles (rires). J'espérais séduire
quelques girl-friends grâce à cette attitude. J'essaye d'être
plus drôle maintenant, de façon irrévérencieuse. J'aime
faire sourire les gens. Vos concerts sont souvent, hum
très
désorganisés
Oui. Quand nous avons commencé la
scène, nous ne savions absolument pas jouer, nous commencions à
zéro. " Chaos " est le mot pour nous décrire à
cette époque. Mais nous essayons vraiment. Des fois c'est très bien
d'être assez bons musiciens pour pouvoir jouer totalement ivres, parce que
si tu n'es pas ivre, c'est une chose bizarre de se retrouver sur une scène
(rires)
Je trouve cela vraiment étrange de jouer, comme ça,
face à des gens
Tu peux vraiment finir par te sentir intimidé,
même si tu réussis à ne pas le montrer. Nous ne sommes pas
le genre de personnes à se sourire bêtement sur scène, en
se disant " yeah, you're allright mate, yeah , I'm allright, oh, nice solo,
Brian " (rires)
ce n'est pas notre style. C'est pour ça qu'on
peut paraître moroses des fois, même inamicaux. Mais j'essaye de changer
ça, je voudrais trouver le courage pour faire des choses extrêmes,
comme de plonger dans le public. Mais nous attirons une telle bande de gringalets
qu'ils n'auraient surement pas le force de me rattraper et me laisseraient tomber
par terre (rires)
Non sans rire, j'aime bien notre public
même
si des fois, j'ai envie de leur dire " mais sortez donc faire un bon repas
". Ils paraissent sous-alimentés (rires)
J'espère ne
pas être responsable de leur mauvaise alimentation. C'est assez drôle,
parce qu'à l'étranger, notre public est très différent.
Aux Etats-Unis, ce sont surtout les fans de hardcore qui achètent nos disques,
leur vision du groupe est totalement différente. En Grande-Bretagne, les
publics ne se mélangeaient que rarement dans le passé. Aujourd'hui,
les fans de Sonic Youth vont voir les Shop Assistants. J'aime des choses très
diverses, moi-même, du moment que les groupes sont les meilleurs dans leur
genre
A part des groupes comme Bros, cette bande de connards bruyants qui
chantent " When I Will Be Famous ". Ce genre d'idioties me donnent envie
d'être violent
La presse anglaise n'a pas l'air de savoir comment
te détester, et pourquoi
Je ne leur demande pas de me respecter,
je me fous de ce qu'ils écrivent. La plupart des journalistes ne sont que
des opportunistes. Ils veulent travailler dans les médias et finissent
dans la presse musicale, parce que c'est la plus facile
pas besoin de savoir
écrire, pas besoin de beaucoup de connaissances. C'est facile de voir qu'ils
cherchent à nous détester, mais n'y arrivent pas. Ils nous aiment
malgré eux. C'est leur problème, de toute façon. Je nous
aime, Brian nous aime, nos amis nous aiment
pourquoi s'emmerder. Même
si nous aimerions tout de même vendre plus. Mais nous n'allons pas forcer
les choses, attraper les gens dans la rue pour les forcer à nous écouter
Feargal
Sharkey disait récemment qu'il admirait la position de That Petrol Emotion,
mais que cela devait être déprimant de vivre avec 600 francs par
semaine
C'est vrai que c'est déprimant de ne pas pouvoir vivre
du groupe, mais Feargal sharkey chante juste, lui (rires). Ça lui permet
de sortir des disques sans saveur. Si un jour je dois en arriver à sa position,
me vendre pour continuer, j'arrêterais. Je ne voudrais surtout pas en être
à piquer les idées des nouveaux groupes, me sentir largué
idem pour mon label. Je le fais parce que cela m'amuse, parce que je crois très
fort au pouvoir du rock'n'roll. La plus belle chose au monde est de sortir un
disque avec une belle pochette, de bonnes chansons. Je ne sortirai jamais un disque
qui n'aurait pas ses qualités, ça serait une telle trahison par
rapport à mes convictions de toujours. Jamais nous ne sortirions un disque
qui ne nous plairait pas, juste pour jouir d'un peu plus de confort matériel. Beaucoup
de groupes avec lesquels tu as commencé, Strawberry Switchblade, Shop Assistants,
n'ont pas pu supporter leur passage sur une major et ont splitté une fois
confrontés aux pressions. Nous sommes malgré tout restés
très amis avec les Strawberry Switchblade
Mais leur attitude à
l'époque était très différente de la notre. Nous nous
investissons à fond dans le groupe pendant un mois, et ensuite, nous nous
arrêtons pendant deux mois, pour ne pas perdre notre fraîcheur, ne
pas en faire un métier. Les Strawberry Switchblade ont finalement cherché
ce qui leur est arrivé, cette récupération, manipulation
C'est triste, elles formaient un très bon groupe qui n'a jamais pu sortir
un seul bon disque
Nous allons ressortir sur 53rd & 3rd de vieilles
sessions qu'elles avaient faites pour la BBC, avant qu'elles ne sombrent. Tu
n'as jamais souffert, vivant en Ecosse, de ton image un peu frêle, alors
que l'on y cultive cette imagerie un peu machiste de l' "homme ". Non,
je crois que c'est un peu caricatural. Hier soir, en descendant à Londres,
je disais à Aggi " Londres est vraiment un endroit formidable. Cette
ville a purifié le reste du pays. Tous les connards, les branleurs, les
carriéristes médiocres, les groupes nuls viennent y vivre, nous
laissant en paix à l'extérieur " (rires)
J'adore Glasgow,
même si j'en connais les défauts
J'y ai toujours vécu,
je ne veux pas en partir. J'étais l'un de ces gosses qui jouaient au football
comme tout le monde en Ecosse. Je me suis intéressé à la
musique quand le punk a commencé. Ça m'a permis de rencontrer des
amis
de sortir de ma solitude. Le punk m'a beaucoup aidé avec mes
problèmes d'adolescence (rires)
Je crois vraiment au pouvoir de cette
musique, qu'un disque des Modern Lovers peut suffir à te remonter le moral.
A l'époque, j'écoutais beaucoup The Boys, The Adverts, les Ramones
que j'adore (les références du catalogue 53rd & 3rd commencent
toutes par AGARR qui signifient As Good As Ramones Records), X-Ray Spex, les Buzzcocks
Ensuite je me suis mis à écouter des groupes américains,
pour revenir à des choses plus anglaises, les Swell Maps, les Tv Personalities
Des
groupes aussi influents que les Tvp's, les Pastels, les Swell Maps n'ont jamais
obtenu la reconnaissance du grand public
C'est vrai, mais dans le
cas des Tvp's, je crois que Dan a vraiment tout fait pour ne pas être connu.
Il fait tout pour rester un petit culte très indépendant, alors
que des gens comme Jesus & Mary Chain ont grandi en écoutant ses disques.
Je crois qu'il prend plaisir, en studio, à massacrer ses excellentes chansons,
par crainte que ses disques ne se vendent
Il est un peu fou
Comment
réagis-tu quand tu vois tes premiers disques se vendre pour plus de 300
francs dans les magasins de collectors ? C'est un peu gênant
ça n'a jamais été notre intention de devenir ce genre de
groupe dinosaure (rires)
ça peut être flatteur, mais d'un autre
côté, c'est vraiment dommage que les gens qui étaient trop
jeunes pour les acheter à l'époque doivent dépenser de telles
sommes pour se les procurer. Nous allons sortir une compilation de nos disques
sur Creation, ainsi qu'un film d'une heure regroupant toutes nos vidéos,
qui s'appellera A Bit Of The Other, où l'on verra beaucoup ma collection
de légumes en plastique
300 francs pour une copie de notre premier
single ? C'est plus que ce qu'il nous a coûté à faire à
l'époque. Interview : C. Whatshisname & J.D. Beauvallet.
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